Cela n’arrive qu’aux autres, voilà ce que je pensais avant de vivre cette dernière année. Non, cela n’arrive pas qu’aux autres. Un arrêt brutal d’une carrière peut entraîner une cascade de conséquences qu’on n’imagine absolument pas. Notre société a une manière très particulière de gérer les êtres humains, d’un côté il y a les entreprises, le marché et de l’autre la loi qui nous oblige à être efficaces et battants jusqu’à 65 ans.

Drôle de société où l’être humain est considéré comme un poids à 45, 50 ans et qui nous force, avec des lois, à assumer coute que coute. Avoir une casse remet en question toute une vie. ON passe d’une vie de privilégié à une vie très simple, sans moyens, avec éventuellement des actes de défaut de biens sans qu’on ait pu voir venir la chute.

Il n’y a pas que du négatif car plaie d’argent ne fait pas mourir. Ce type d’évènement amène à reconsidérer sa vie, à revoir ses priorités. Devenir nomade m’a réappris à regarder ce qui m’entoure, à réapprécier la lune, le paysage, les saisons. Dans la vie de nomade, les codes changent, la solidarité n’est pas un vain mot, l’erreur ne pardonne pas. Choisir un mauvais terrain peut entrainer des heures de dur labeur pour sortir le véhicule embourbé. Ne pas toujours vérifier son véhicule avant de partir, peut générer de la casse. Oublier le gaz ou l’eau amène à des longues recherches souvent à des heures indues.

Oui, pour la première fois aujourd’hui, j’ai des actes de défauts de biens, oui, j’ai des dettes (étonnamment les moins arrangeants sont l’état et les caisses maladies, j’en reparlerai) mais oui j’ai pris conscience de la nature individuelle de notre système et de son côté destructeur, comme disait Trust à son époque « Marche ou crève ». Il ne faut pas chuter dans notre système, il ne faut pas avoir un moment de faiblesse car il n’y aura aucune aide. J’ai aussi pris conscience que je pouvais vivre autrement, que je pouvais à ma petite échelle essayer d’amener ma petite pierre à l’édifice qui s’appelle Terre. Cela passe par des courses responsables dans la mesure du possible, cela passe par des achats plus espacés et mieux réfléchis, cela passe par prendre conscience de ce qui nous entoure et ne plus être dans le jugement mais dans la construction. Cela s’appelle la communication positive, cela s’appelle la communication non violente. Nous avons oublié dans cette société si codifiée l’essentiel : l’Être Humain.

Un coup de gueule écoresponsable !!! Et une volonté de débattre avec vous !!!

Bon dimanche.